01/11
On a bien dormi au final dans notre HLM. Halloween, la route toute proche, l’insonorisation des murs façon papier à cigarettes, rien n’y a fait. On est prêts pour la retraite dans la téci.
Le grand nous rejoint vers 11H. Où manger un 1er novembre à Saint-Louis ?.. On finit "au bureau", la chaîne. Burgers, truc un peu plus healthy pour Spatz. Honnêtement, pas mal du tout.
Ensuite, Spatz va faire une promenade dans une réserve naturelle. Le grand et moi filons à la salle. Je suis aussi motivé qu’un Glucksmann qui va manifester, mais je veux faire plaisir au fiston. En vérité, j’aime bien soulever de la fonte, c’est juste que je me sens tellement fatigué... (satané taf !). Au final, la découverte d’une nouvelle salle m’a requinqué et puis le grand stimule mes (maigres) performances et ajoute sa touche de fun. Cette fois, c’est le kéké qui gère la salle qui nous en sert. Voulant jouer le boss devant les habitués, il indique à mon fils que la magnésie est interdite et le menace d’une amende. Mon fils lui répond qu’il avait compris avant la menace et lui exprime ses doutes quand à la légalité de ladite menace. Le mec se lance dans une longue diatribe didactique ponctuée de "plus de respect" et autres "tout fout le camp". Mon fils qui a rangé sa magnésie dans son casier et remis ses écouteurs et laisse le maniac s’époumoner. Puis il commence à enfiler les plaques sur la barre de DC. À "trois plaques", soit 60 kilos de chaque côté plus les 20 kilos de la barre, donc 140 kg en tout, le popeye chauve n’a plus de mots. Je le surprendrai un peu plus tard néanmoins dire à un habitué : "oui, mais il a les bras courts, c’est un gros avantage..." Petit mesquin.
Ensuite Spatz et moi nous perdons à Bâle (on confond la Birse et le Rhin). On passe devant des messieurs tout nus qui rentrent d’un bain dans le fleuve (en novembre, oui) et ça doit nous remettre les idées en place puisqu’on retrouve notre chemin. On passe ensuite chercher les jeunes qui nous emmènent au Stücki où on fait du billard et du bowling avant de manger un petit truc mi fast-food mi correct-food. Moment très sympa, bonne rigolage au bowling avec Spatz qui strike en série. Belle soirée, simple et chaleureuse.
02/11
Spatz et moi partons vers Lausanne en passant par Bern. On laisse le fiston à sa démolition et Nu à ses massages, on se revoit la semaine prochaine.
Finalement on zappera Lausanne car on a fait une grosse halte à Bern, majestueuse dans son or automnal. On fait un autre crochet pas Montreux, mais cette Riviera au rabais nous fait piètre impression. Il faut dire que nous sommes un lundi de novembre, que le ciel est gris et qu’il caille sévère... Du coup on file à notre AirBnB au desus de Thonon, et on cocoone...
03/11
Terminé Sweet Caress de William Boyd (Les Vies multiples d’Amory Clay dans sa version française). Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un gros roman qui s’assume parfaitement comme tel sans ambition philosophique ou sociale, ni rapport compliqué avec le réel (autofiction). Bien sûr, il y a jeu avec la réalité, le livre se présentant comme la biographie d’une photographe qui n’a jamais existé. Mais ce subterfuge est classique dans le roman qui cherche toujours d’une façon ou d’une autre à créer un "effet de réel". En l’occurrence, l’effet est particulièrement saisissant ici. Boyd est un maître, un magicien. Il peut, avec des mots, donner vie à un personnage, en l’occurrence une femme émancipée, que l’on suit dans le Berlin interlope de la fin des années 1920, jusqu’à la Californie de la fin des sixties où la fille d’Amory a échoué dans une communauté hippie qui n’est pas sans évoquer la "famille" de Charles Manson. Entre temps on aura vécu deux guerres, fait l’amour avec quelques hommes, vécu à Londres, New-York... Un roman trépidant, très prenant, qui ne changera pas votre façon de voir le monde mais qui vous offre un vrai moment d’évasion.